Bureau des Doctorants de l’Université Paris 3

Le BDP3 : une association PAR et POUR les doctorants de Paris 3

Appel à communication #2

Téléchargez l’appel à contribution, Traits d’Union N° 2

1. Partie Thématique

LES INVISIBLES DE LA MÉMOIRE

« Je rappelle que si nous sommes homme ou femme, nous le sommes dans un corps propre. Or, le monde propre est liquidé par la rapidité absolue du feed-back; on peut-être instantanément par les technologies à New-York ou ailleurs, mais après l’élimination du monde propre, l’élimination dans l’instantanéité de l’échange, il y a la possibilité de l’élimination du corps propre. (…). » Paul Virilio.¹

C’est aux manifestations d’une mémoire en creux que nous avons choisi de nous intéresser pour ce dossier thématique intitulé « Les invisibles de la mémoire ».

La mémoire est source de conflits, de rencontres et de contradictions, car elle est le nouage de notre interrogation sur fonctionnement de nos sociétés, sur notre rapport avec les autres individus et sur les lieux qui nous entourent. Elle est aussi source d’inspiration, de création puisqu’elle constitue notre rapport au présent et au passé, au corps et à son territoire. Avant d’être partagée, la mémoire est le fait de l’intimité de chaque individu et s’exprime aussi aux marges, là où on ne l’attend pas. Fragmentaire, incomplète, mouvante, la mémoire se manifeste à travers des formes et supports variés. Le vingtième siècle – et sans doute plus encore le vingt-et-unième siècle – sont ceux du stockage de masse des informations, de la volonté de tout consigner, répondant à cette injonction « de ne pas oublier ».

Si elle a des raisons sociales, culturelles, politiques ou parfois économiques la mémoire laisse aussi son empreinte, de façon non contrôlée, se rappelant à nous alors qu’on tente de l’oublier. S’il existe des lieux de mémoire, que cachent –ils, qu’oublient-ils ? Face à une mémoire que l’on pourrait dire saturée dans nos sociétés contemporaines, où la mémoire intime se dissimule- t-elle ? Pourquoi parler d’une mémoire quand il semble en exister plusieurs ?

En terme de mémoire, le cerveau a un fonctionnement des plus complexe, le cortex cérébral stocke des souvenirs tout autant qu’il les active et joue avec eux…. Ainsi, s’il existe de l’invisible dans la mémoire, sa majeure partie se situe dans notre propre corps. Les corps portent en eux de façon invisible des traces mnésiques, sans cesses réécrites et réenregistrées à la manière du vieux Krapp dans La dernière bande de Samuel Beckett. C’est aussi dans le corps du langage, dans la possibilité d’oubli de ce corps, dans les blancs du texte et des signifiants que se situe une autre mémoire, plus intime, moins attendue.

D’une définition de la mémoire comme objet à une photographie de la mémoire en négatif, nous proposons donc aux auteurs de ce numéro de se saisir de ce différentiel propre au fonctionnement complexe des processus mémoriels. La déconstruction, la fragmentation, la discontinuité qui « défait et désordonne les prétendus « reflets » du réel : plutôt que d’exprimer l’envers de la continuité »², seront au centre de nos préoccupations ; lorsque ces formes de la mémoire, les impensées de la mémoire, influent structurellement sur les mécanismes du discours, de l’écriture, de la pensée, de la création. De la mémoire, nous retiendrons sa fraction invisible plus que ses marques visibles, sa part d’oubli plus que sa part de commémoration, son ombre plus que sa matérialité, ses traces plus que ses ancrages.

Les champs concernés sont ceux de la production artistique et littéraire, des manifestations sociales, politiques et culturelles, de la question historique et des approches philosophiques. À partir de quatre axes de réflexion principaux : les lieux, les corps, les sociétés, les langages. Les textes pourront s’articuler autour des questions suivantes :

  • Comment la part invisible de la mémoire interroge-t-elle la mémoire officielle, ses lieux, ses manifestations ? Que reste –t-il de la mémoire après la commémoration ?
  • A quels endroit du corps et de l’espace la mémoire laisse-t-elle une trace ? Comment les traces mnésiques se manifestent-elles ?
  • Quels sont les différents temps de la mémoire ? L’espace entre deux mémoires ?
  • Comment les arcanes de la mémoire impriment-ils la création artistiques et littéraire ? Comment des espaces d’oubli se dessinent-ils ?
  • Dans quels espaces du langage la mémoire surgit-elle, comment en modifie- t- elle les structures ?
  • Comment la mémoire se manifeste-t-elle aux marges et à travers quels médiums ?
  • Jusqu’à quel point devons-nous oublier pour laisser une place à la mémoire ? N’est-ce pas dans ce qu’on essaye d’oublier que se situe justement la mémoire ?

Les propositions d’articles sont à envoyer sous la forme d’un résumé, précédé d’un titre, de 5000 signes maximum (espaces et blancs compris) à l’adresse suivante : traitsdunion@bdp3.com

[1]Paul Virilio, « Vitesse et oubli », entretien avec Bernard Degroot, Alternatives théâtrales, dossier « Vitesse et mémoire », n°51, 3ème biennale internationale de danse de Charleroi / Danses, mai 1996.

[2] Ralph Heyndels, La pensée fragmentée, Ed. P. Mardaga, Bruxelles, 1985, p.29.

Date limite d’envoi des propositions : 15 JANVIER 2010

2. Espaces / Regards

Cette rubrique vous permet de proposer des textes dans un format plus court et sur des sujets très variés. Travaux en cours, questionnements méthodologiques, comptes-rendus et regards, elle est un espace ouvert, un laboratoire d’écrits.

Compte rendu de colloque

Lors de notre thèse nous passons beaucoup de temps en colloque, conférence, journée d’étude. On prend des notes, on réfléchis, puis on entasse toutes nos réflexions sur des étagères. Or pourquoi ne pas partager. Il est parfois important de savoir qu’est-ce qui s’est dit dans un colloque à l’autre bout de la France, qui a pris la parole, quels étaient les idées générales. Nous obliger à faire un rendu de ses journées ne peut être que bénéfique pour nous. Lire le compte rendu permet la transmission de l’information.

Compte rendu d’ouvrage

Le« thèsard » passe des heures et des heures à lire, déchiffrer, interpréter des ouvrages. Que faisons nous de ses lectures une fois l’article écrit, la partie de la thèse concernée rédigée ? Ne gagnerons nous pas de temps à partager nos lectures, nos points de vue ?

Comptes rendus de manifestations artistiques et culturelles

Nos travaux de recherche s’appuient parfois sur des objets artistiques, spectacles, expositions, œuvres cinématographiques, œuvres musicales etc. Cette rubrique vous est ouverte pour proposer votre point de vue sur l’une des ces manifestations artistiques, qu’elle soient au cœur de votre travail de thèse ou qu’elles vous interpellent pour d’autres raisons.

Travaux en chantier.

Un espace pour confronter une partie de sa thèse aux différents regards, pour présenter un terrain, une étude de cas….

Les propositions d’articles sont à envoyer en texte intégral et ne devront pas dépasser 8000 signes maximum (espaces et blancs compris) à l’adresse suivante : traitsdunion@bdp3.com

« thèsard »